Remonter
28 Oct

La bonne étoile…

O

ù suis-je ? Pourquoi suis-je là ?

Je me promène dans cette pièce blanche que je ne connais pas, je suis bien. Je suis seule mais je me sens accompagnée et je la vois. Je vois cette petite fille qui vient de naître. Je vois ce tout petit bébé pousser ces premiers cris dans l’écho de cette pièce blanche.

Un souffle de vie vient de se poser sur ces nouveaux parents encore dans l’émotion des premiers instants. Ce premier contact et ce premier regard. Un œil s’ouvre, puis l’autre. J’observe la scène ébahie par temps de beauté et de simplicité et je suis là, simplement là.

Après trois jours dans cette pièce blanche, je me réveille dans une chambre colorée et je la regarde dormir. La petite fille dort paisiblement. Pas un bruit ne la réveille. Je me dis que c’est un ange qui est là pour moi. Cet ange est là pour m’apaiser alors je la regarde et m’endors-moi aussi.

Les années passent, un mot, deux mots et voilà la petite fille qui commence à parler mais à qui ? A son papa, à sa maman mais pas à moi…

J’adore passer mes journées à jouer, à découvrir. Entre les cubes, les dessins, les jeux d’éveil en tout genre, nous jouons… Nos journées passent à une vitesse folle tellement il y a de choses à faire ici. Et, la petite fille dort alors je la regarde. Je l’observe pendant ce sommeil. Je m’imagine même partager un peu de ses rêves, ses doux rêves pleins de naïveté.

C’est l’heure d’aller à l’école. Je découvre le monde extérieur. Ce monde qui m’impressionne mais ne me fait pas peur. Je veux y aller alors qu’on fond de moi, je sais. Je sais qu’il est le début des dangers, de la souffrance, de l’apprentissage des autres… Et, j’observe la petite fille. Elle se débrouille bien. Elle appréhende le monde, à sa façon, tranquillement. Elle n’a pas besoin de moi mais je suis là…

Et puis, les premières douleurs, les premières peines que l’on ne dit pas. Ce sentiment de tristesse et d’incompréhension que la petite fille ne sait pas décrire, elle ne sait pas quoi faire. Comment doit-elle réagir, quel chemin prendre ? Alors je suis là. Je tente de l’aider. J’essaie de lui montrer plusieurs voies possibles afin qu’elle choisisse celle qui lui correspond. Celle qui lui fera se sentir mieux dans ce monde si difficile à comprendre.

Je l’accompagne, je la guide. Je suis là dans tous ces moments de vie. Je me sens apaisée quand je la vois sourire. Je me sens triste quand je la vois pleurer et je cherche les solutions pour l’aider. Tour à tour, je la regarde, je l’admire dans ces choix difficiles car moi, je ne fais jamais de choix.

Quels choix ? Comment prendre la bonne ligne directrice car on ne sait jamais laquelle sera la bonne. Mais, elle sait. La petite fille sait ce qu’elle doit faire et je suis là avec elle.

Je serais toujours là avec la petite fille. Je suis née de sa naissance car je suis sa bonne étoile. Je suis née grâce à elle, avec elle et pour avancer ensemble.

La petite fille ne me voit pas mais a-t-elle seulement besoin de me voir ? Ai-je besoin qu’elle me voit pour accomplir mon devoir ?

La petite fille doit se construire seule, doit avancer et faire ses propres choix sans savoir que je suis là.

Elle ne me voit pas, ne me verra jamais et j’en serai la plus heureuse des étoiles…

Working Girl
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